Le mot traumatisme peut faire penser à quelque chose d'extraordinaire, qui n'arrive
qu'exceptionnellement. Pourtant ce traumatisme arrive plus souvent qu'on ne le croit et ne saute pas
aux yeux. Il mérite cependant le nom de traumatisme. Il suffit de voir ses conséquences dramatiques.
Si le traumatisme est parfois dû à un événement précis, il sera plus souvent causé par une situation
pénible chronique.
Voici le style de famille où ce traumatisme est fréquent :
-père absent ou irresponsable,
-mère qui doit tout gérer, tout porter, sans pouvoir s'appuyer sur un homme fort.
Dans ce contexte, soit la mère est très forte et parvient à donner à ses enfants toute l'affection dont
ils ont besoin. A ce moment là, les enfants ne souffriront pas de carence affective, malgré la situation
très difficile tout de même, très difficile pour la mère plus que pour eux. Cependant, il manquera aux
garçons un modèle masculin auquel s'identifier. Il est absolument indispensable d'y remédier.
Mais si la mère est surmenée ou dépressive, elle n'a ni le temps ni la force de donner à ses enfants
toute la tendresse dont ils ont besoin pour se développer normalement. Cette carence affective cause
le traumatisme.
Pire encore si la mère manque de confiance en elle et cherche sa confiance en elle auprès de ses
enfants. Non seulement elle ne leur donne pas tout ce dont ils ont besoin, mais de plus elle les pompe,
les mine en cherchant à puiser en eux la force dont elle manque.
Ce n'est plus la mère qui porte ses enfants mais ses enfants qui doivent la porter.
Il est vrai que c'est généralement l'aîné des garçons qui est touché alors que les autres s'en sortent
plutôt bien. Cela peut être dû au fait que la mère va s'appuyer davantage sur son aîné pour combler son
manque d'affection et chercher sa confiance en elle. Inconsciemment elle lui demandera de lui
apporter la force qui lui manque.
Alors on peut s'attendre à un traumatisme affectif de taille.
Ce syndrome peut aussi toucher les femmes, avec sans doute quelques variantes. Je n'ai pas approfondi
la question.