Pour l'aider il faut avoir conscience de plusieurs choses.
-Il a été carencé affectivement, d'où son traumatisme qui gêne sa compréhension de l'amour. C'est
cette carence affective qui est à l'origine de son mal.
-Il n'a aucune confiance en lui dans sa vie affective. Il est donc très fragile, facilement sur la
défensive, avec une sensibilité à fleur de peau, prêt à combattre ceux qui s'aventurent à l'aider. En
effet il peut difficilement admettre qu'il a besoin d'aide, car sa confiance en lui en serait diminuée,
pense-t-il.
Donc nous avons en face de nous quelqu'un qui a besoin d'aide mais qui n'a pas forcément envie d'en
entendre parler, et qui est hypersensible, derrière des attitudes qui font penser tout l'inverse. Nous
ne pouvons pratiquement pas le toucher sans provoquer des réactions plus ou moins violentes,
intériorisées ou exprimées.
Amour, tendresse, patience, douceur, voilà ce qu'il lui faut. Préserver sa fierté, ne pas le considérer
comme un enfant.
Pour s'en sortir, il n'a besoin ni de reproches, ni d'être trop materné.
C'est important de lui dire la vérité sur sa souffrance, de ne pas chercher à lui cacher son trouble, de
lui dire notre compréhension, de lui affirmer que nous sommes prêts à l'aider, mais qu'il doit lui aussi
mettre toute sa bonne volonté. Tout cela sans qu'il se sente humilié, diminué ou jugé. Travail très
délicat. Mais il ne faut pas désespérer. La base est d'avoir confiance en lui avant tout, et de le croire
réellement capable d'en sortir. S'il sent que nous partons vaincus ce n'est pas la peine de faire quoi
que ce soit. Pour qu'il ait confiance en lui nous devons avoir confiance en lui et alors croire qu'il va s'en
sortir. C'est le point de départ.
La meilleure façon est bien évidemment de le prendre par la douceur puisqu'il souffre déjà bien assez
comme cela, n'y est pour rien, et a seulement besoin d'aide.
Mais le problème que nous rencontrons alors est le même qu'avec les enfants : plus nous lui en donnons
et plus il en veut. Il est capable de s'apitoyer davantage sur son sort en voyant notre prévenance pour
lui et notre compréhension pour sa souffrance. Il est capable de faire davantage l'enfant, puisqu'il
aime cette situation où il est au centre des préoccupations.
Il est alors bien capable de choisir plus ou moins consciemment de ne pas guérir, de vivre cette
situation le plus longtemps possible.
Mais tout n'est pas perdu. Plus nous l'entourons d'attentions, plus nous le comprenons, et moins il se
met sur la défensive. Sa confiance en lui se renforce peu à peu. Il est alors plus à même d'entendre ce
qui nous pèse et d'accepter de faire des efforts.
Tout cela dit dans le respect pour lui. C'est vrai que ce n'est pas simple tous les jours. Il faut
s'attendre à faire des erreurs. C'est inévitable.
Pour pouvoir lui dire ce qui ne va pas, il faut être capable nous-mêmes d'entendre ses reproches. Il doit
se sentir sur un pied d'égalité avec nous. Ce n'est pas "je vais bien et je te soigne" mais "on va faire
tous les deux des efforts pour que ça se passe de mieux en mieux".
Avoir confiance en lui, le comprendre le mieux possible, l'aimer tout en restant relativement ferme
pour ne pas l'enfoncer dans son problème mais bien l'aider à en sortir.