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 Syndrome de Peter Pan  
             Ses émotions            
   L'homme (ou la femme) qui sort du syndrome de Peter Pan commence à retrouver le contact avec ses 
émotions avant d'être pleinement en contact avec le réel. Il se retrouve alors au deuxième degré de décalage
par rapport au réel (cf. page 
"Décalage par rapport au réel").
Cela l'empêche de vivre ses émotions simplement dans son coeur. Il les vit davantage dans sa tête que dans 
son coeur, donc accompagnées de réflexions, ce qui les hypertrophie. Quand on vit ses émotions 
naturellement dans son coeur, elles ne sont pas vécues si violemment que lorsque la réflexion s'en mêle et 
permet de se monter la tête.
Quand je dis que les émotions sont vécues dans la tête, je ne parle pas de la raison. La raison remettrait les 
émotions à leur juste place. Je parle de l'imagination qui amplifie les émotions au maximum. C'est à ce niveau 
que se situe le manque de contact avec le réel.

La peur dans le domaine de sa vie affective peut donc être très intense. Elle est parfois amplifiée jusqu'à la 
peur panique incontrôlable (crise d'angoisse). 
Voici un exemple simple pour réaliser que cette peur panique n'est pas complètement absurde. 
Imaginez-vous dans un bateau avec un ami qui sait nager. Vous ne savez pas nager. Votre ami saute à l'eau en 
vous demandant de le suivre. Normalement vous n'éprouvez pas de peur panique puisque vous pouvez lui 
expliquer que vous ne savez pas nager. Rien ne vous oblige à vous jeter à l'eau dans ces conditions. Mais si 
vous étiez obligé de le suivre vous éprouveriez une peur panique. 
C'est à peu près ce qui se passe dans le domaine des sentiments. La personne qui souffre du syndrome de 
Peter Pan n'est pas à l'aise pour nager dans les sentiments. Pourtant elle est régulièrement obligée de s'y 
jeter. Elle ne se permet pas de dire à ceux qui n'ont aucune connaissance du syndrome : " Je ne suis pas à 
l'aise pour parler sentiments. Laissez-moi tranquille ! " 
La peur panique est d'autant plus intense que la personne a déjà traversé nombre de moments très 
douloureux où elle n'a pas réussi à faire face à la situation.






Le manque de contact avec le réel transforme ainsi les émotions suivantes :

la 
joie (émotion ressentie face à un bien passé, obtenu) en euphorie
la 
tristesse (face à un mal passé, accompli) en déprime 
la 
déception en apitoiement sur soi-même 

la 
haine (face à un mal présent) en pulsion de mort  "La pulsion de mort s'entend soit comme une tendance à 
l'autodestruction, soit comme une pulsion d'agression dirigée vers l'extérieur."
l'
amour (face à un bien présent) en désir de posséder physiquement l'être aimé

la 
peur (face à un mal qui peut être repoussé) en angoisse
l'
audace (face à un mal qui peut être repoussé) en témérité

la 
colère (face à un mal qui ne peut pas être repoussé) en fureur, rage, révolte

l'
espoir (face à un bien possible à obtenir) en idéalisation
le 
désespoir (face à un bien impossible à obtenir) peut facilement le mener au suicide


(N.B. :
humiliation injuste - quand nous sommes mal jugés car incompris - donne colère. 
Si la colère ne sort pas face à cette humiliation injuste, c'est le sentiment de mépris qui prend généralement 
le dessus.

rage quand impuissance à faire disparaître la réalité

La personne qui souffre du SPP  rêve d'être comprise et aimée. Le problème est que lorsqu'on la comprend on
la met face à la réalité du syndrome, et cette réalité qui lui fait perdre confiance en elle et l'humilie lui 
donne envie de détruire la personne qui a osé la comprendre.
Le vrai problème est qu'elle voit le syndrome de Peter Pan comme un défaut. Pourtant c'est une blessure, ce 
qui n'a rien à voir avec un défaut. Et cette blessure se soigne à partir du moment où on arrive à la regarder 
en face.)


Instabilité émotionnelle
L'homme (ou la femme) qui souffre du syndrome de Peter Pan peut passer de déprime à euphorie ou 
d'euphorie à déprime facilement mais pas sans raison. Cela peut être dû à une simple pensée qui le bouleverse 
complètement. 
Il peut encore passer rapidement de l'idéalisation à la rage quand il se retrouve impuissant, frustré et 
révolté face à la réalité.

Cette instabilité est due à la fragilité de sa confiance en lui. 
Il est très logique et compréhensible. Il n'est pas difficile de s'en rendre compte en prenant la peine de 
chercher la cause de ses sautes d'humeur. Nous n'aurions pas réagi aussi fort que lui dans les mêmes 
circonstances, c'est pour cela qu'il nous est parfois difficile de voir le lien de cause à effet au départ. Il 
réagit de façon démesurée car sa confiance en lui étant fragile, il cherche à éloigner tout ce qui pourrait 
l'ébranler. Et surtout il a des difficultés pour se maintenir dans un vrai rapport au réel (d'où ses erreurs de 
jugement qui le font passer d'idéalisation à frustration par exemple).

Il peut tenir régulièrement des propos contradictoires. Cela est en général lié à ses états d'âme. S'il est 
heureux, il voit la vie sous un angle si gai qu'il est optimiste sur tous les sujets, alors que dans une période 
d'abattement, il voit tout en noir et peut tenir un discours opposé. Selon comment il se sent, une même chose 
peut lui paraître toute noire ou toute blanche, pas souvent entre les deux (cf. page "
Paranoïa et confiance 
aveugle
"). 

Il est encore possible qu'il ne sache pas vraiment ce qu'il veut, car il se cherche, n'ayant pas fini de se 
construire.

Il a un profond besoin de plaire, d'être admiré et approuvé (comme tous mais chez lui ce besoin est plus fort 
à cause de sa frêle estime de lui-même). Il peut alors être facilement jaloux, craindre que quelqu'un lui 
prenne sa place dans le coeur de ceux qu'il aime. 

 
Trop plein d'émotions
L'homme (ou la femme) qui souffre du syndrome de Peter Pan est fréquemment submergé par ses émotions 
qui mènent alors sa vie. En effet, les émotions qui ne s'évacuent pas peuvent finir par devenir sérieusement 
gênantes pour celui qui les vit, car elles s'amplifient par le fait même qu'elles ne sont pas suffisamment 
extériorisées, et peuvent alors devenir "ingérables". 

Mais avant de pouvoir s'exprimer il faut déjà savoir ce que l'on ressent exactement. Au stade de l'instabilité
émotionnelle rien n'est bien clair sur ce que l'on ressent vraiment. Tout est tellement intense et emmêlé 
différemment selon le jour et l'heure ! C'est comme un embouteillage, il y en a partout dans tous les sens. 
Plus rien ne peut sortir à ce stade. 

Sans le manque de contact avec le réel, les émotions pourraient retrouver chacune leur place, et la personne 
pourrait alors savoir où elle en est et s'exprimer bien plus facilement. 

Le contact avec le réel est naturel et ne demande pas d'effort en l'absence d'angoisse.
C'est l'angoisse qui fait fuir le réel. C'est donc sur l'angoisse qu'il faut travailler pour un meilleur rapport au
réel. En même temps il faut un meilleur rapport au réel pour gérer l'angoisse... 

C'est 
la confiance en soi qui règle le problème de l'angoisse en permettant un bon rapport au réel.
(cf. page 
"Contact avec le réel")

Si on comprend ce qu'on vit c'est un début de bon rapport au réel, qui permet d'évacuer déjà une part 
importante d'angoisse.
La deuxième chose à faire pour obtenir un meilleur rapport au réel, c'est de prendre le temps de bien 
communiquer avec ses proches, de les écouter et de se faire comprendre. C'est l'objet de la page 
"Acceptation".

Voir aussi la page "Choc psychologique" et son sous-menu (surtout la page "Crise d'angoisse").