Quelqu'un qui souffre du SPP peut être parano tout comme il peut faire confiance aveuglément.
Je pense que lorsqu'il ne se croit pas digne d'amour il sombre dans la paranoïa. Le manque de confiance
en soi est à la base du problème.
Ce manque de confiance en soi peut aussi se traduire de façon complètement opposée. En effet au
milieu de la souffrance il peut prendre son rêve d'être aimé de tous pour la réalité, c'est le moment de
la confiance aveugle, plus personne ne peut lui vouloir du mal. C'est encore le manque de confiance en
soi qui est à l'origine de ce rêve d'être tant aimé.
Je pense aussi que le jugement catégorique est plus simple que de chercher à comprendre quelqu'un.
Voir l'autre tout bon ou tout mauvais évite de trop réfléchir lorsque la peur a pris le pas sur la raison.
La peur empêche de réfléchir, fausse le jugement.
Le voir tout blanc après une action qui nous a plu permet de ne pas avoir peur de lui, et c'est le moment
de la confiance aveugle, de l'idéalisation.
Le voir tout noir si quelque chose en lui nous déplaît fait terriblement souffrir. C'est le moment de la
paranoïa incontrôlable. Si celui que nous prenions pour un ange est capable d'une action mauvaise (ou
du moins interprétée comme telle), alors nous pensons que c'est un diable et que nous l'avions tout
d'abord trop bien jugé.
"Je pensais bien que c'était impossible qu'un ange m'aime, moi (toujours le manque de confiance en
soi). C'est en fait un diable qui me veut du mal."
Oui nous l'avions trop bien jugé mais non il n'est pas pour autant un diable!
Se dire que personne n'est parfait sur Terre, et qu'il n'y a pas non plus de démon parmi les hommes
peut aider à sortir de ce clivage.
Parmi les hommes il n'y a ni ange ni démon. Nous sommes tous entre les deux, plus d'un côté que de
l'autre selon les jours et les personnes.
Il est aussi important de travailler sur la confiance en soi
(voir page "Confiance en soi").
Nous avons parfois besoin de la confiance des autres pour croire en nous. La confiance que les
autres nous accordent a son importance dans la construction de la confiance en soi. Nous nous jugeons
souvent à la lumière de ce que d'autres pensent de nous. S'expliquer lorsque les autres se trompent sur
nos intentions peut éviter des drames.
Il peut être difficile pour quelqu'un qui souffre du SPP d'obtenir toute la confiance qu'il mérite.
Pourtant il a lui aussi besoin de la force qu'apporte la confiance des autres. Il est alors indispensable
qu'il s'explique pour enrayer ce mal.
Ceci dit, si la confiance en soi est alimentée en trop grande partie par le regard positif des autres
sur soi, le danger est grand de vouloir être irréprochable pour plaire, et de ne se croire quelqu'un qu'à
ce prix impossible à payer. Il n'y a pas de pire esclavage psychologique. Et pas de pire cercle vicieux
pour perdre confiance en soi !
Accepter de ne pas être parfait, accepter ses limites et s'aimer comme on est, voilà le fondement de la confiance en soi.
Et pouvoir déplaire sans en être bouleversé prouve que la confiance en soi est bien présente.
La paranoïa peut venir directement de ce sentiment d'esclavage : je dois être parfait, plaire à tout prix
pour parvenir à me croire quelqu'un. Perfectionnisme.
Je crois que c'est à cause de l'autre que je suis obligé d'être parfait alors que c'est mon manque de
confiance en moi qui m'y oblige, et je m'enferme dans cette prison où je n'agis plus librement.
C'est sûr qu'il y a le risque de devenir parano.