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Peut-on aimer sans s'aimer ?
Bon et mauvais narcissisme
Paranoïa et confiance aveugle : le clivage
L'autisme

Voici un texte sur le clivage tiré de  "Les Pages de la Psychiatrie Angevine" 
(site de la "Psychiatrie Angevine")

Les états limites : aspects cliniques et psychopathologiques
ou les limites dans tous leurs états

Dinard 19 Octobre 2002
K.Rannou-Dubas, B.Gohier


"
2-2-3 Mécanismes de défense spécifiques 

Kernberg comme d'autres auteurs d'inspiration analytique, pensent que l'analyse de ces mécanismes de défense archaïques 
(certains sont utilisés de manière privilégiée) et des modalités de relations d'objets internalisés, permet de faire le diagnostic 
d'une organisation limite. Il s'agit d'une clinique de la relation et des mécanismes qui sous-tendent cette relation, qui s'avère plus 
constante et moins polymorphe que la clinique. 

-
 Le clivage 

Cette opération défensive est essentielle dans les états limites, et la plus utilisée. Il s'agit d'un processus actif de séparation des 
introjections et identifications de qualités opposées, sur un mode manichéen. Il porte à la fois sur l'objet et sur l'image de soi. Son
objectif est d'éviter la contamination ou la destruction des bons objets par les mauvais objets. Le clivage peut aboutir au brusque 
revirement des affects du sujet, passant de l'amour à la haine et inversement. Le clivage a également pour conséquences des 
passages à l'acte en accord avec la décharge pulsionnelle, et à distance une critique de ces passages à l'acte, n'empêchant pas 
leur répétition. Il a pour fonction d'éviter la confrontation à l'ambivalence et à la souffrance dépressive. 

En situation thérapeutique, il empêche toute prise de conscience de la réalité et de la complexité des affects liés à une relation 
d'objet en général, et en particulier la relation au thérapeute. 

L'idéalisation primitive 

Elle est la conséquence des mécanismes de clivage. Les objets externes sont perçus comme totalement bons afin qu'ils 
puissent protéger le sujet contre des mauvais objets, contre ses pulsions agressives, et contre la contamination de ses objets 
environnants par projection de son agressivité. Il s'agit d'une manifestation directe d'un fantasme primitif protecteur, sans réelle 
considération pour l'objet idéal. Elle se distingue de l'idéalisation comme formation réactionnelle névrotique visant à idéaliser des
objets pour maintenir éloignée la culpabilité du patient venant de son agressivité envers l'objet. Le patient névrosé a le souci de 
l'objet, et a accès à la culpabilité, contrairement au patient limite. 

L'objet idéal vient aussi remplir la fonction de support à l'identification omnipotente, qui elle aussi protège le sujet de l'agressivité 
et gratifie son narcissisme. 

-
 L'identification projective 

L'objectif de cette projection est d'externaliser les images de soi ou d'objet totalement mauvaises et agressives, toujours dans 
une logique de clivage. Mais les objets recevant ces projections deviennent à leur tour menaçants, mettant en péril les limites 
établies par le patient entre le soi et le non-soi et rendent nécessaire le contrôle de ces objets, d'où des manipulations 
agressives. 

-
Le déni 

Il entretient le clivage. En effet, le patient peut avoir conscience du caractère opposé de ses sentiments ou pensées en deux 
moments différents à l'égard d'une personne, mais cela n'influence pas la nature de ses sentiments actuels. Il ne peut établir de 
lien affectif entre ces deux états, et peut par conséquent dénier l'état actuel de ses sentiments en référence aux sentiments 
passés qu'il conserve en mémoire. Le déni découle d'un défaut d'intégration de l'affect et de l'intellect : un patient est capable 
d'avoir un accès intellectuel à un sentiment passé sans avoir accès aux émotions ressenties alors, les émotions sont déniées, 
d'autant plus qu‘elles sont opposées à celles déclenchées par la situation présente. 

L'omnipotence et la dévalorisation 

L'idéalisation de l'objet et l'identification à cet objet ont pour conséquence de renforcer le sentiment d'omnipotence du soi et de 
l'objet, qui jouent le rôle de protecteur face aux mauvais objets. Si l'omnipotence se situe du côté de l'objet, le patient se soumet à 
un objet tout-puissant et idéalisé dont il attend d'être protégé. Si l'omnipotence se situe du côté du soi, c'est l'hypertrophie 
narcissique du patient qui le protège. La fragilité de ce mécanisme entraîne un risque de brusque revirement, avec une 
dévalorisation brutale de l'objet ou du soi, qui engendre un effondrement narcissique avec un risque suicidaire majeur. 

La mise en acte 

Il s'agit d'une opération défensive à l'égard des pensées ou des affects, qui vise à les court-circuiter, avant que la relation 
mentalisée à l'objet ou au soi ait pu se développer. Elle a pour fonction d'éviter la souffrance. Elle représente un des obstacles 
importants à l'abord thérapeutique du patient limite.

2-2-4 Pathologie des relations d'objets internalisés 

...Chez le patient limite, la différenciation entre les images de soi et d'objet a atteint un niveau suffisant, à l'opposé du patient 
psychotique. Cela permet une différenciation entre représentations de soi et d'objet, et donc une distinction entre le soi et le 
non-soi. Dans les domaines touchés par les mécanismes d'identification projective, cette frontière s'estompe voire disparaît. 
Lorsque cela survient dans le domaine de la thérapie, une psychose de transfert se développe, à la place d'une névrose de 
transfert. 
...
Par ailleurs, le mécanisme de projection empêche un travail d'élaboration fantasmatique. L'échec de l'utilisation des symboles 
ôte au patient limite l'équipement mental qui permet la réparation. Il est donc incapable d'utiliser la douleur du deuil pour 
mobiliser des pulsions réparatrices parce qu'il ne peut concevoir une réparation symbolique. Seule une reconstruction magique 
et omnipotente peut rendre à l'objet sa perfection initiale. 

L'objet n'est pas investi dans sa valeur intrinsèque, mais comme protecteur, ce qui confère un côté artificiel, dit en faux-self de la 
relation."
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Cause
Symptômes
Complications
Guérir
Prévention
Syndrome d'abandon
"Peter Pan" Citations
"Le Petit Prince" Citations
Personnalité obsessionnelle
Mot pour les personnes qui souffrent du SPP
La sortie du SPP : un bouleversement difficile
Aider l'enfant
Illustration du clivage par une citation extraite de l'oeuvre "Peter Pan" de Barrie.
Clochette représente la femme.
Nous pouvons imaginer que Barrie connaissait bien le clivage, sans doute pour l'avoir vécu :

"Clo n'était pas foncièrement méchante : plus exactement, elle était tantôt foncièrement méchante, tantôt 
foncièrement bonne. Les fées ne peuvent être que tout l'un ou tout l'autre; elles sont si petites qu'il n'y 
aurait pas place en elles pour plusieurs sentiments à la fois. Néanmoins, il leur est permis de changer, à 
condition de changer complètement."(ch. IV, 331) 


Le clivage correspond à un mode de pensée noir et blanc (sans gris), c'est-à-dire tout bon tout mauvais, sans 
intermédiaire. C'est un mécanisme de défense.
Savoir déplaire (voir 2ème question)
entre paranoïa et confiance aveugle :
le clivage
Syndrome de Peter Pan
   Quelqu'un qui souffre du SPP peut être parano tout comme il peut faire confiance aveuglément.

Je pense que lorsqu'il ne se croit pas digne d'amour il sombre dans la paranoïa. Le manque de confiance
en soi est à la base du problème. 
Ce manque de confiance en soi peut aussi se traduire de façon complètement opposée. En effet au 
milieu de la souffrance il peut prendre son rêve d'être aimé de tous pour la réalité, c'est le moment de 
la confiance aveugle, plus personne ne peut lui vouloir du mal. C'est encore le manque de confiance en 
soi qui est à l'origine de ce rêve d'être tant aimé. 

Je pense aussi que le jugement catégorique est plus simple que de chercher à comprendre quelqu'un. 
Voir l'autre tout bon ou tout mauvais évite de trop réfléchir lorsque la peur a pris le pas sur la raison. 
La peur empêche de réfléchir, fausse le jugement.
Le voir tout blanc après une action qui nous a plu permet de ne pas avoir peur de lui, et c'est le moment 
de la confiance aveugle, de l'idéalisation.
Le voir tout noir si quelque chose en lui nous déplaît fait terriblement souffrir. C'est le moment de la 
paranoïa incontrôlable. Si celui que nous prenions pour un ange est capable d'une action mauvaise (ou 
du moins interprétée comme telle), alors nous pensons que c'est un diable et que nous l'avions tout 
d'abord trop bien jugé. 
"Je pensais bien que c'était impossible qu'un ange m'aime, moi (toujours le manque de confiance en 
soi). C'est en fait un diable qui me veut du mal."  
Oui nous l'avions trop bien jugé mais non il n'est pas pour autant un diable!


     Se dire que personne n'est parfait sur Terre, et qu'il n'y a pas non plus de démon parmi les hommes 
peut aider à sortir de ce clivage.  
Parmi les hommes il n'y a ni ange ni démon. Nous sommes tous entre les deux, plus d'un côté que de 
l'autre selon les jours et les personnes.

Il est aussi important de travailler sur la confiance en soi 
(voir page "
Confiance en soi"). 






     Nous avons parfois besoin de la confiance des autres pour croire en nous. La confiance que les 
autres nous accordent a son importance dans la construction de la confiance en soi. Nous nous jugeons 
souvent à la lumière de ce que d'autres pensent de nous. S'expliquer lorsque les autres se trompent sur
nos intentions peut éviter des drames. 
Il peut être difficile pour quelqu'un qui souffre du SPP d'obtenir toute la confiance qu'il mérite. 
Pourtant il a lui aussi besoin de la force qu'apporte la confiance des autres. Il est alors indispensable 
qu'il s'explique pour enrayer ce mal. 


     
Ceci dit, si la confiance en soi est alimentée en trop grande partie par le regard positif des autres 
sur soi, le danger est grand de vouloir être irréprochable pour plaire, et de ne se croire quelqu'un qu'à 
ce prix impossible à payer. Il n'y a pas de pire esclavage psychologique. Et pas de pire cercle vicieux 
pour perdre confiance en soi ! 
Accepter de ne pas être parfait, accepter ses limites et s'aimer comme on est, voilà le fondement de la confiance en soi.
Et pouvoir déplaire sans en être bouleversé prouve que la confiance en soi est bien présente.

  




La paranoïa peut venir directement de ce sentiment d'esclavage : je dois être parfait, plaire à tout prix
pour parvenir à me croire quelqu'un. Perfectionnisme.
Je crois que c'est à cause de l'autre que je suis obligé d'être parfait alors que c'est mon manque de 
confiance en moi qui m'y oblige, et je m'enferme dans cette prison où je n'agis plus librement. 
C'est sûr qu'il y a le risque de devenir parano.