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Syndrome de Peter Pan
     Peter demeure en plein état de choc durant sa vie, donc dans le premier stade de la réaction de 
choc. 
Voyons comment cela se manifeste.

Extraits de l'oeuvre "Peter Pan" de Barrie :

"Quand à Peter, à plusieurs reprises, il semblait les avoir oubliés. Wendy en était certaine. Une fois, elle
avait même dû lui rappeler son nom.
"C'est moi, Wendy, avait-elle crié angoissée.
-Wendy, répondit-il désolé, si jamais tu vois que je t'oublie, répète-moi ton nom sans arrêt et je te 
reconnaîtrai." (ch. IV, 95)

"Souvent, Peter sortait seul. A son retour, il était impossible de savoir s'il avait eu une aventure ou non. 
Il pouvait l'avoir si complètement oubliée qu'il n'en soufflait pas un mot. Et si vous sortiez à ce 
moment-là, vous trébuchiez sur le cadavre; et vice versa, il vous racontait une histoire à n'en plus finir 
et vous ne trouviez pas de cadavre." (ch.VII, 105)

Peter peut être amnésique. Il a de gros problèmes de mémoire, ou plutôt il ne fixe rien dans sa mémoire 
à cause de gros problèmes de concentration. 
Cela est dû à l'état de choc dans lequel il vit.

"...Auncun enfant ne guérit jamais de cette première trahison. Aucun hormis Peter qui en faisait 
souvent l'expérience mais oubliait toujours. Je suppose que c'est cela qui le distinguait vraiment des 
autres.
Aussi, en ce moment, tout se passait comme s'il en était à sa première expérience : il restait là, les yeux
écarquillés, incapable de se défendre. A deux reprises la main de fer le griffa." 
(ch. VIII, 375)

"Elle (Wendy) avait espéré qu'ils frissonneraient ensemble au souvenir du bon vieux temps, mais de 
nouvelles aventures avaient chassé les anciennes de son esprit.
"Qui est le capitaine Crochet? demanda-t-il avec curiosité quand elle lui parla de l'ex-ennemi numéro 
un.
-Comment! s'étonna-t-elle. Tu ne te souviens donc pas comment tu l'as tué et nous as sauvé la vie?
-Je les oublie dès que je les ai tués", avoua-t-il avec insouciance.
Quand, sans trop y croire, elle demanda si la fée Clo serait heureuse de la revoir, il répondit :
"Qui est la fée Clo?
-Peter!" dit-elle scandalisée.
Mais elle eut beau lui expliquer, il avait tout oublié." (ch. XVII, 170)

"Wendy eut encore le chagrin de découvrir que pour Peter, l'an passé était plus proche qu'hier. Cette 
année lui avait semblé si longue, à elle. Mais il était plus séduisant que jamais et le nettoyage de la hutte
dans les arbres se déroula délicieusement." (ch. XVII, 186)   







Traumatisme affectif vécu par Peter :
"Il y a longtemps, dit-il, je pensais moi aussi que ma mère laisserait la fenêtre ouverte pour moi. Je 
restai donc absent pendant des lunes et des lunes. Mais quand je revins, il y avait des barreaux à la 
fenêtre car maman m'avait complètement oublié, et un autre petit garçon dormait dans mon lit." 
(ch. XI)

Pour éviter de souffrir Peter fuit tout ce qui pourrait lui rappeler son traumatisme.
"Ce n'est qu'en l'absence de Peter qu'ils se risquaient à parler de mères, le capitaine ayant banni de la 
conversation ce sujet selon lui stupide." (ch.V, 196) 

"Si Peter avait jamais eu une mère, elle ne lui manquait plus depuis longtemps. Il avait chassé cette 
engeance de sa mémoire et n'en avait retenu que les inconvénients." (ch. XI)

Ce qui reste à Peter du souvenir de sa mère est uniquement ce qu'il n'a pas pu effacer : le traumatisme 
qui rappelle à sa mémoire exclusivement l'aspect négatif de sa mère. Il ne peut alors réfléchir 
normalement, comme tout le monde, à force de faire un tri sur tout ce qui se rapporte aux mamans sans
pouvoir pour autant effacer le traumatisme. 
En voulant moins souffrir, il augmente son traumatisme puisqu'il ne pourra jamais comprendre ce qu'est
vraiment une maman avec ce tri qui se fait dans ses pensées, sous l'effet de la souffrance. 




"Peter pleurait toujours à chaudes larmes et ses sanglots finirent par réveiller Jane. Elle s'assit dans 
son lit immédiatement intéressée. 
[...] -Je suis venu chercher ma mère, expliqua-t-il, pour l'emmener dans l'Ile de l'Imaginaire.
-Je sais, dit Jane. Je t'attendais."
Quand Wendy revint, toute embarrassée, elle trouva Peter assis sur le bois du lit et poussant son 
cocorico victorieux, tandis que Jane en chemise de nuit voletait à travers la chambre, dans une extase 
solennelle.
-C'est ma mère, déclara Peter. 
Jane descendit et se tint à ses côtés avec, sur son visage, cette expression qu'il aimait à voir chez les 
dames qui le regardaient.
-Il a tellement besoin d'une mère, dit Jane.
-Je sais, admit Wendy d'un air malheureux. Personne ne le sait aussi bien que moi. 
-Au revoir", dit Peter à Wendy.
Il s'éleva dans l'air et l'imprudente Jane en fit autant. Déjà, elle volait mieux qu'elle ne marchait. 
Wendy se rua à la fenêtre. 
[...] Et tandis que vous contemplez Wendy, vous voyez ses cheveux blanchir, sa silhouette redevenir 
petite, car tout cela s'est passé il y a fort longtemps. Jane est à présent une grande personne 
ordinaire, mère d'une fille nommée Margaret. Et chaque fois que revient l'époque du nettoyage de 
printemps, Peter (sauf les années où il oublie) vient chercher Margaret et l'emmène au pays de 
l'Imaginaire, où elle lui raconte des histoires dont il est le héros et qu'il écoute passionnément. Quand 
Margaret grandira, elle aura une fille, destinée à être à son tour la mère de Peter; et les choses 
continueront ainsi, aussi longtemps que les enfants seront joyeux, innocents et sans-coeur." FIN (ch. 
XVII, 385) 

Nous voyons que la répétition est due au fait que Peter étant bloqué dans l'enfance n'évolue pas 
normalement et c'est comme si le disque était rayé. Il ne peut changer de comportement.
Dans la vie normalement les expériences nous font progresser. Peter qui ne se souvient de rien ne se 
sert pas du passé pour avancer. Il fait du sur place. Tout le monde grandit sauf lui.
Sa vie est alors une répétition de l'instant présent sans évolution possible tant qu'il est dans cet état 
second. S'il n'a pas la notion du temps c'est aussi parce que n'étant pas en contact avec le réel, il n'a 
pas de repère. 




La crise d'angoisse se situe dans le deuxième stade de la réaction de choc.
Peter n'en fait pratiquement pas, puisqu'il vit généralement bloqué dans l'état de choc, d'où ses oublis 
constants, son amnésie. 

Au deuxième stade de la réaction de choc, la répétition continue, mais différemment.
Ce sera le sujet de la page "
Crise d'angoisse"
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